Ciné Tambour - Le Temps des Royaumes 1
- cinéma/documentaire
Soirée en partenariat avec le Cirefe, Université Rennes 2
Gros plan sur les mécanismes de la conquête du pouvoir à travers une utopie télévisuelle de Rossellini et un opéra militaire signé John Woo : deux cinéastes qui explorent les univers des puissants et leurs ambitions, mettant ainsi en perspective batailles de terrain et intrigues de salon.
18h : La Prise de pouvoir par Louis XIV
Roberto Rossellini
France, 1966, 1h35, couleur, Beta SP
1661, en France. Alors que le Cardinal Mazarin vit ses dernières heures, son souci est de voir le jeune Louis XIV prendre ses responsabilités de Roi de France dans de bonnes conditions. Ce dernier, touché par la mort annoncée d'un homme qui a pris part à son éducation, se retourne contre Anne d'Autriche, sa mère, et s'alloue les services de Jean-Baptiste Colbert, secrétaire de Mazarin. Sur ses conseils, il commence à se méfier de Nicolas Fouquet, soupçonné de complot à son égard. Pour maîtriser les débordements d'une noblesse cupide, il lance la construction du palais de Versailles et rassemble autour de lui une cour faite de courtisans qui devront compter sur son approbation pour chacune de leurs actions. C'est ainsi que s'opère, sous les yeux du spectateur, la prise de pouvoir par Louis XIV.
Ce téléfilm, initialement produit par l'ORTF, a bénéficié par la suite d'une distribution au cinéma. Roberto Rossellini inaugure avec cette reconstitution historique une série de films conçus pour le petit écran. Ce portrait de Louis XIV, scénarisé en collaboration avec Jean Gruault – proche des principaux initiateurs de la Nouvelle Vague française – montre la mise en place d'un système qui, par sa structure même, ouvre des voies à la Révolution un demi siècle plus tard. C'est aussi un regard ethnologique porté sur la « tribu » de Louis XIV, ses us et coutumes, par un des pères du néo-réalisme qui a trouvé dans la production télévisuelle un moyen d' « informer, cultiver, éduquer », autant que de « distraire » (slogan de l'ORTF) le public. La poétique rossellinienne, en rupture avec le récit cinématographique traditionnel, répond à un besoin de connaissance de l'homme. Ce n'est pas seulement un film en costumes, mais aussi un film sur l'utilisation politique du costume.
20h30 : Mon pays en V.O
Les Trois Royaumes
John Woo
Chine, 2008, 2h26 (version occidentale), couleur, 35 mm, VOST
En l'an 208 après J.-C., une guerre civile éclate entre les trois royaumes chinois formés sous l'égide de l'empereur Han Xiandi. Le stratège Zhuge Liang est chargé par Lui Bei, oncle de l'empereur, de rallier les dirigeants du royaume de Wu à sa cause. Son amitié avec le vice-roi Zhou Yu leur permettra de mener de front une série de batailles contre l'impitoyable Cao Cao, fasciné par la femme de Zhou Yu, qui n'hésite pas à entamer une guerre psychologique pour arriver à ses fins : prendre place dans les hautes sphères d'influence des autres royaumes. Cœurs et royaumes : tout est affaire de conquête pour ce puissant, contre lequel les deux hommes vont devoir redoubler d'ingéniosité pour arrêter sa course au pouvoir.
Cocktails de genres cinématographiques, le dernier long métrage de John Woo est une adaptation de l'histoire des Trois Royaumes, un roman historique sur la célèbre bataille de la Falaise Rouge. Ainsi fondé sur cette bataille réputée pour avoir « changé le destin de la Chine », ce film d'époque permettait alors de mettre en perspective l'héritage de cet événement et ce, à la veille des jeux olympiques d'été organisés à Pékin et dans six autres villes chinoises. Fidèle au genre du film d'action (The Killer, 1989 ; Volte/Face, 1997 ; Mission : Impossible 2, 2000...), John Woo parvient à renouveler le film de sabre chinois (« Wuxia Pian »), marqué dans les années 2000 par les règles narratologiques du « film d'époque ». Présenté en deux épisodes dans son pays d'origine, ce film lyrique et spectaculaire montre aussi le talent de ce metteur en scène qui oscille entre manière orientale et manière occidentale de faire du cinéma, une ambivalence qui fait de ce film une fresque interculturelle autant qu'une prouesse formelle.
Campus Villejean
Métro Villejean-Université
18h et 20h30
2€
s-culturel [at] univ-rennes2 [dot] fr




