Colloque International "Art and Environment in Britain - 1700 to today"

02 mars 2017
-
03 mars 2017
colloque/journée d’étude

Les 2 et 3 mars, le laboratoire ACE organise le colloque international "Art and Environment in Britain - 1700 to today" en partenariat avec le FRAC Bretagne, le festival photo de La Gacilly et le Domaine de Kerguéhennec.

Le terme anglais ‘environment’, entendu comme ‘nature, or conditions in which a person or thing live’ (Oxford English Dictionary) fit son apparition en 1827, alors que Thomas Carlyle décidait de l’utiliser pour la première fois afin de traduire le mot allemand ‘Umbegung’. Le verbe ‘to environ’, présent dans la langue anglaise depuis le 14e siècle et dérivé du français ‘environner’, évoquait l’image d’un cercle avec un centre autour duquel gravitaient les autres éléments. Pendant des siècles, ce fut l’humanité qui se trouva placée au coeur de cet ordonnancement. Pourtant, comme l’a montré Keith Thomas dans son ouvrage Man and the Natural World. Changing Attitudes in England 1500-1800 (1983), la croyance de l’homme dans sa suprématie sur la nature allait être, tout au long de la période étudiée par l’historien, érodée par ce qu’il désigne comme de ‘nouveaux arguments’, de ‘nouvelles circonstances’ et de ‘nouvelles sensibilités’. En 1859, alors que le processus que Thomas qualifie de ‘détrônement de l’homme’ est en branle depuis un siècle au moins, le Origin of Species de Darwin marque la fin définitive d’une certaine exception humaine. Plus près de nous encore, le tournant dit ‘post-humain’ pris par les humanités ne fait que renforcer l’idée que l’humain évolue dans un environnement symbiotique que caractérise une frontière poreuse entre hommes et femmes, animaux et machines. Les théories du Nouveau Matérialisme vont jusqu’à doter d’agentialité des choses (‘things’) telles que les aliments, les biens de consommation, l’électricité ou les matériaux. TJ Demos, membre du comité scientifique du colloque, définit une écologie politique qu’il qualifie de ‘post-anthropocentrique’. Son dernier ouvrage, Decolonizing Nature, Contemporary Art and the Politics of Ecology, publié en 2016, affirme que la créativité, et plus particulièrement l’art contemporain, favorise une relation à la nature moins possessive.

Que l’on pense l’environnement comme contexte, paysage, écosystème, espaces verts ou enveloppe sonore, l’épistémologie d’aujourd’hui nous invite à repenser le rapport de l’homme à ce qui l’entoure dans une perspective où intérieur et extérieur sont contigus, où nature et culture ne font qu’un et où la frontière entre humanité et animalité retrouve toute sa fluidité. Comment les artistes britanniques ont-ils réagi à ces perceptions mouvantes de leur environnement, alors que l’être humain en venait à occuper une position sans cesse moins centrale dans le grand cercle de la vie et de l’inerte? Précurseur de cette interrogation, l’art environnemental a, dès ses débuts, eu des contours extensibles et grâce à l’influence de l’Américain Robert Smithson, a de suite inclus sites et non-sites, le pastoral mais aussi l'urbain. Avec l’introduction de départements d’art environnemental dans les écoles d’art britanniques dans les années 1980, l’environnement est désormais entendu par les artistes comme l’ensemble des lieux et contextes d’exercice qui leur sont ouverts en dehors du musée ou de la galerie. Le colloque sera l’occasion d’examiner les tensions existant en Grande-Bretagne entre ces différentes acceptions du terme ‘environment’. On s’y penchera sur des questions de terminologie mais aussi sur les évolutions historiques. Il permettra d’explorer les liens entre représentation et conservation, de réfléchir aux questions nouvelles d’esthétique environnementale, et de regarder la façon dont les artistes anglais ou travaillant sur le territoire britannique ont représenté animaux, éléments naturels, évènements climatiques dans un contexte toujours moins anthropocentrique.

 

 

Informations pratiques
Campus Villejean

 

FRAC Bretagne
19, Avenue André Mussat
35011 Rennes 

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