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Deneo, la nouvelle start-up qui améliore le suivi des patients

Diplômée d’un master de psychologue du travail et ergonome à l’Université Rennes 2, Maud Rouillard a ensuite validé un diplôme d’étudiant entrepreneur à Institut de Gestion de Rennes (IGR-IAE) et remporté en 2020 le premier prix du concours Pépite pour Deneo .

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Maud Rouillard et David Orven Deneo

Deneo est une solution logicielle qui rend le patient acteur de sa santé, permet un parcours de soins pluridisciplinaire et offre des données à la recherche. Elle a été développée en partenariat avec le laboratoire Mouvement, sport et santé (M2S) de l’Université Rennes 2 et sera commercialisée en janvier 2021.

Comment est née Deneo ?

Maud Rouillard. Je suis passionnée par les sciences humaines, le monde de la santé et les nouvelles technologies. Deneo est le projet idéal qui réunit toutes mes passions ! J’ai co-fondé ma société cet été avec David Orven qui est ingénieur développeur. Deneo, “être humain” en breton, est une application de santé qui place le patient au centre de son parcours de soins. Avant, nous avions développé un premier logiciel avec le laboratoire Mouvement Sport et santé (M2S) qui permettait aux coachs en activité physique adaptée (APA) d’évaluer la condition physique de patient·e·s atteint·e·s de cancer grâce à des questionnaires qu’ils remplissaient chez eux·elles sur un compte personnalisé. Les données étaient anonymisées et contribuaient à la recherche. Cette première expérience dans toute la Bretagne a vraiment bien fonctionné. Nous avons souhaité aller plus loin et répondre à d’autres enjeux avec Deneo. En plus d’être une équipe d’ergonome/ingénieur développeur, nous sommes un binôme de professionnelle de santé/patient. Dans l’exercice de mon métier, j’ai constaté que j’étais mal outillée pour suivre mes patients correctement. De son côté, David est atteint d’une maladie chronique et a suivi un parcours de soins assez compliqué. On a une vraie complémentarité. Aujourd’hui, on bénéficie de l’expertise d’un comité scientifique, avec le laboratoire M2S, et on est soutenu par l’Agence régionale de santé

Comment fonctionne Deneo ?

M. R. C’est une méthode innovante qui permet d’optimiser le partage d’informations entre soignants, enseignants en APA, patients et chercheurs. Cet espace numérique de santé propose un parcours de soins humain et cohérent qui repose sur trois grands piliers : patients - soignants - chercheurs. L’enjeu est triple : rendre le patient acteur de sa santé, faire gagner du temps de soins au soignant et faire profiter la recherche de données du terrain. Le patient devient acteur de sa santé grâce à un compte personnalisé. Deneo lui donne la possibilité d’être suivi par un certain nombre de soignants (médecins, personnels de santé, paramédicaux...) et innove en intégrant l’enseignant en APA dans le parcours de soins. On prend en compte l’activité physique adaptée comme un traitement non médicamenteux pour le patient. Nous avons adapté l’outil, mis en place des tests spécifiques pour ces enseignants APA : questionnaires d’évaluation du niveau d’activité physique, tests de fatigue, etc. C’est l’enseignant qui choisit dans une bibliothèque sur Deneo, les tests ou les questionnaires qu’il souhaite faire passer au patient. 

L’application peut-elle être utilisée par tous types de patients ?

M. R. Deneo peut être utilisée par des patients atteints de pathologies différentes. Il y a différentes façons d’accompagner des patients atteints de pathologies chroniques : l'activité physique adaptée, les approches d’éducation thérapeutique... Ces derniers sont souvent accompagnés sur la durée et de façon pluridisciplinaire. Ils intègrent souvent des programmes spécifiques à leur pathologie et c’est en cela que l’on répond de manière très pertinente avec Deneo. Deneo peut aussi accompagner des patients en bonne santé, qui se sont blessés temporairement ou qui consultent préventivement. 

Deneo permet de conserver un historique des soins et de suivre la progression du patient dans la durée pour éviter l’errance thérapeutique. Notre logiciel ne remplace évidemment pas les conseils ou l’accompagnement d’un professionnel du soin. Il vient en appui, c’est un support au dialogue.

Les données sont partagées avec les chercheurs…

M.R. Le patient décide de partager ou non ses données, - anonymisées -, avec la recherche. Notre partenaire actuel, le laboratoire M2S, peut bénéficier gratuitement des données anonymisées. L'objectif est de faire avancer la recherche médicale, en valorisant notamment l'activité physique comme traitement non médicamenteux. Notre modèle économique est vertueux.

L’application est donc commercialisée auprès des soignants.

M.R. Oui. Nous tenons à la gratuité pour les patients, notre objectif étant qu’ils puissent mieux se soigner. Notre modèle économique repose sur des abonnements pour les soignants à hauteur de 30 euros par mois et par soignant, avec un nombre de comptes patients illimité. Aujourd’hui nous sommes dans une phase d’expérimentation avec plusieurs établissements et une trentaine de soignants qui expérimentent la solution en Bretagne. Nous allons lancer la commercialisation en janvier 2021.