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Dossier

Une étude-action visant à relever les besoins des structures socio-économiques du territoire

Le but de cette étude est d'établir une approche territoriale des besoins en compétences et en qualifications afin d'améliorer l'accompagnement des activités émergentes dans la filière du numérique.

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Étude-Action Emploi-Formation numérique

La transformation numérique de l’économie se diffuse à l’ensemble des métiers. Il ne s’agit pas d’embrasser l’ensemble du sujet de la transformation numérique et de son impact, mais de mettre en évidence, à partir d’une approche territoriale, comment le numérique, en faisant évoluer les pratiques et les métiers, rend nécessaire l’acquisition de nouvelles compétences et/ou l’adaptation de compétences existantes.

Cette approche territoriale s’avère pertinente puisque, le secteur du numérique breton, en termes d’emplois, a un poids et un dynamisme supérieur à la moyenne des autres régions françaises (hors Île-de-France), la zone d’emploi de Rennes concentrant à elle seule 53,7 % des salariés liés au secteur du numérique en Bretagne.

L’enjeu, pour les sites d’enseignement supérieur, est de se positionner comme acteurs de cette transition par une démarche d’amélioration continue de l’offre de formation au regard des activités et besoins des acteurs socio-économiques du territoire.

Cette étude-action vise à relever les besoins des structures socioéconomiques du territoire (35) en termes de compétences du numérique, ainsi qu'à identifier les compétences du numérique développées dans le cadre des formations du bassin rennais d’enseignement supérieur.

Titre de l'encadré
Les acteurs de l'étude
texte

Porteur du projet :
Université Rennes 2

Partenaires du projet :
Université de Rennes 1
Sciences Po Rennes
Institut National des Sciences Appliquées de Rennes
École Nationale Supérieure de Chimie de Rennes
École Normale Supérieure de Rennes
École des Hautes Études en Santé Publique
Institut de Recherche Mathématiques de Rennes - UMR CNRS 6625
APEC
Pôle Emploi Rennes Ouest
Moreno Consulting
Abaka
ADN Ouest
Keople

Avec le soutien financier de :
DIRECCTE Bretagne
Région Bretagne

L'étude se structure autour de 4 phases :

Phase 1 : Identification des métiers et compétences du numérique

Il s’agit d’étudier et de croiser les ressources documentaires sur les métiers et les compétences du numérique pour constituer un répertoire des métiers du numérique. Ce premier recensement des métiers permet ensuite  d’identifier les compétences associées à ces métiers.

Phase 2 : Identification des besoins en compétences du numérique des structures socio-économiques à l’échelle du territoire (35)

Lors de cette étape, il s’agit d’identifier des mots-clés en termes de compétences et métiers du numérique. Pour cela, les données textuelles du répertoire produit en phase 1 font l’objet d’une analyse statistique afin d’identifier un certain nombre de mots-clés pertinents pour ensuite cibler les différentes compétences du numérique, au sein des bases de données « conventions de stage », « offres de stage » et « offres d’emploi ».

Une seconde étape consiste, auprès d’un échantillon représentatif des structures du territoire ayant des besoins en compétences du numérique, en une quarantaine d’entretiens semi-directifs. Ces entretiens apportent un regard plus précis sur les besoins en compétences identifiés lors de l’analyse quantitative et permettent de la compléter.

Phase 3 : Identification des formations qui permettent de développer des compétences du numérique

Cette phase consiste, dans un premier temps, en un inventaire des formations permettant de développer des compétences identifiées comme « numérique » par l’analyse statistique menée en phase 2. Elle est complétée par une démarche qualitative consistant en des entretiens semi-directifs auprès de jeunes diplômés issus des formations identifiées.

Phase 4 : Identification de nouveaux axes de formation pour répondre aux enjeux de la transition numérique

Cette dernière phase de préconisations permet, au regard de l’adéquation entre les besoins en compétences du numérique et l’offre de formation des établissements d’enseignement supérieur, de proposer une évolution de cette offre. L’enjeu de ces préconisations est de positionner les établissements d’enseignement supérieur comme acteurs de la transition numérique en renforçant leurs liens avec les structures socio-économiques du territoire.

Texte/chiffre à mettre en avant
21 279
Suite du texte

offres d'emploi et 6483 conventions de stage analysées

Texte/chiffre à mettre en avant
192
Suite du texte

formations identifiées développant des compétences liées au numérique

Texte/chiffre à mettre en avant
39
Suite du texte

structures socio-économiques enquêtées

Texte/chiffre à mettre en avant
64
Suite du texte

jeunes diplômés interrogés

Texte/chiffre à mettre en avant
26
Suite du texte

compétences du numérique relevées

Texte/chiffre à mettre en avant
6
Suite du texte

domaines d'activité du numérique identifiés

Focus sur les compétences numériques dans les offres d'emploi (entre septembre 2017 et septembre 2018)

 

Résultats

Au regard de l'inventaire des différentes formations ainsi que des entretiens menés auprès des structures socio-économiques du territoire, les besoins, en termes de compétences du numérique, sont couverts par l’offre de formation. Que cela soit les recruteurs des structures socioéconomiques ou les jeunes diplômés interrogés, aucun n’a pointé une lacune de l’offre de formation qui, dans sa diversité, couvre l'ensemble des métiers du numérique. Par ailleurs, les besoins en recrutement sur les profils de développeurs étant massifs, les effectifs formés par les différents sites d’enseignement sont insuffisants pour satisfaire toute la demande. Pour les interlocuteurs de ce secteur, l’offre de formation est de qualité mais numériquement insuffisante au regard des besoins.

Les besoins en formation concernent l’évolution des outils numériques. Les jeunes diplômés interrogés ont intégré la nécessité de rester en veille sur les transformations de leur outil de travail. Le numérique s’étant massivement répandu au sein des différents métiers, les outils ne cessent de se développer au fil des évolutions des technologies numériques. Les soft skills et les compétences transversales, le management, la gestion de projet ou encore l’ingénierie financière ont été régulièrement cités par les structures socio-économiques et/ou les jeunes diplômés comme des compétences nécessaires à leur activité professionnelle mais insuffisamment maîtrisées. Les soft skills, comme l’agilité ou encore la capacité à apprendre, sont recherchées par les recruteurs qui, s’ils sont satisfaits des compétences techniques des jeunes diplômés, considèrent que ces compétences ne s’exercent de manière pertinente que lorsqu’elles sont guidées par des compétences comportementales. L’écosystème numérique étant en perpétuelle évolution (tant technologique que dans la manière dont il vient modifier les activités des différents métiers), ces compétences comportementales s’avèrent cruciales pour évoluer dans cet environnement.

Préconisations et actions à envisager

Mutualiser

L'étude, s’inscrivant dans le cadre du projet de construction du site rennais d’enseignement supérieur qui fédère plusieurs établissements d’enseignement supérieur publics, et au regard des résultats, l’une de nos préconisations concerne la construction d’une offre de formation avec des modules courts et mutualisés.

Compte tenu des demandes en termes de compétences transversales (gestion de projet, communication organisationnelle ou encore les langues étrangères), il apparaît comme pertinent de développer des formations co-construites par les différents établissements d'enseignement supérieur.

Dans cette logique de transversalité et de mutualisation, ces formations pourraient également s’inscrire dans deux contextes :

  • en formation initiale, dans le cadre de l’individualisation des parcours des étudiants mais également dans un contexte plus global avec un croisement des profils au sein des formations,
  • dans le cadre de la « formation tout au long de la vie », il s’agit de maintenir le niveau sur ces compétences transversales auprès de publics divers, notamment les jeunes diplômés qui expriment des besoins sur ces thématiques au début de leur carrière professionnelle.

Faciliter

Lors des entretiens avec les acteurs socio-économiques, il a été fréquemment mentionné, notamment par les petites et moyennes structures, que la diffusion d’offres de stage et/ou d’emploi se fait plutôt auprès d’écoles privées, la diffusion auprès des établissements universitaires étant jugée trop fastidieuse et pas assez transparente.

Spontanément, ces structures ont tendance à se tourner vers les écoles privées formant des ingénieurs informatiques pour le recrutement de développeurs. En ce qui concerne les compétences liées à la communication et au web marketing, les structures « Usages du numérique » ont également tendance à se tourner vers les écoles de commerce du territoire.

Valoriser

Certaines compétences du numérique développées dans l’offre de formation sont insuffisamment mises en valeur. C’est notamment le cas pour certaines compétences liées au traitement et la gestion des données. Celles-ci, propres à l’écosystème numérique et relativement techniques, méritent d’être plus valorisées dans l’offre de formation des établissements relevant des sciences humaines.