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Interview

Marie Masselot, lauréate du concours d’écriture Faites court !

À l’occasion des JACES (Journées Arts & Culture dans l’Enseignement Supérieur), nous vous révélions le nom des lauréat·e·s de notre concours d’écriture Faites court !

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Marie Masselot

Proposé depuis vingt-deux ans, le concours de formes courtes continue de susciter un fort engouement. Cette année, c’est le thème Ici, maintenant qui a inspiré de nombreux·ses candidat·es.

Selon Oscar Wilde, « on a conscience avant, on prend conscience après ». Comment cependant vivre et être pleinement dans le moment présent ? Quelle expérience de l’instant pouvons-nous faire ? Utilisé depuis l’Antiquité, le hoc et nunc en latin caractérise une attitude qui consiste à « vivre en étant ancré dans la réalité présente ». Alors que le monde traverse actuellement une crise majeure et historique, tous les regards sont désormais tournés vers l’avenir. Comment penser le monde d’après ? Et si cette période nous forçait à expérimenter un autre rapport au temps et à l’espace, et donc à nous-même ?

Nous tenons à remercier tou·te·s les étudiant·e·s pour leur participation et félicitons une nouvelle fois les gagnant·e·s de cette édition 2021 : Jérémie Chapelain, Léna Prestel et Marie Masselot. Nous vous proposons d’en savoir un peu plus sur chacun·e au travers de trois courtes interviews. Découvrez aujourd’hui Marie Masselot, actuellement en deuxième année de master recherche en littérature comparée. Lauréate du concours et autrice de la nouvelle Nous n’en finirons pas, elle a répondu à nos questions.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?

Marie Masselot. Je m’appelle Marie Masselot, j’ai 22 ans, et après l’obtention d’un baccalauréat littéraire (quand cette filière existait encore) je me suis tout naturellement dirigée vers la licence de lettres modernes proposée à Rennes 2. Je l’ai obtenue en 2019 !

Ayant à cette époque quelques incertitudes quant à mon parcours professionnel, j’ai ensuite choisi de continuer dans une formation théorique, et dans la discipline que j’avais préférée lors de ma licence : la littérature comparée ! Je suis donc actuellement en deuxième année de master recherche en littérature comparée, parcours Écritures contemporaines, et je réalise mon mémoire sur les fan fictions, sous la géniale direction de Gaëlle Debeaux. Ce parcours nous ouvrant aussi très largement aux métiers de la médiation culturelle, j’ai pu, dans le cadre du master, faire du bénévolat pour des festivals littéraires (Jardins d’Hiver, Transversales), et remplacer le second semestre par un stage, que j’effectue actuellement pour le festival international du livre et du film Étonnants Voyageurs, plus précisément à l’action jeunesse !

Quel est votre rapport à la lecture, la littérature ?

M. M. La littérature s’est transmise dans ma famille de génération en génération : ma grand-mère et ma mère, qui sont de grandes lectrices, m’ont emmenée dès le plus jeune âge à la bibliothèque. Mon envie d’étudier les lettres s’est accrue en classe de première, grâce à une excellente professeure de français. La lecture fait partie intégrante de ma vie et de mon quotidien, et la littérature comparée m’a par ailleurs ouverte au monde et aux écrits étrangers. C’est une grande richesse que de pouvoir lire des auteurs et autrices d’ailleurs ! Aujourd’hui, j’envisage également de me professionnaliser dans la médiation littéraire, et de réfléchir à la transmission et la valorisation de la littérature auprès de différents publics, je crois que c’est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur ! Enfin, impossible pour moi de ne vous citer qu’un seul de mes livres préférés : je pense que la littérature m’a apporté des choses très diverses en fonction des différentes périodes de ma (courte) vie. Mes goûts et mes envies évoluent selon mes différentes expériences. C’est en fait très chronologique, mais, heureusement, c’est une passion qui ne cesse de grandir !

Qu'est-ce qui vous a inspiré pour écrire la nouvelle Nous n’en finirons pas ?

M. M. Pour être tout à fait honnête, j’ai écrit ce texte suite à l’attentat contre Samuel Paty à l’automne dernier. J’ai été confrontée de façon très brutale et directe à des images choquantes qui ont circulé sur les réseaux sociaux au fur et à mesure que tout le monde prenait connaissance des faits. Suite à cela, une de mes professeures, Charline Pluvinet (que je remercie encore chaleureusement si elle passe par là), nous a conseillé la lecture d’un livre qui a été à la fois un véritable coup de coeur mais aussi une expérience très éprouvante : il s’agit de Oran, langue morte, d’Assia Djebar. C’est une lecture qui, pour moi, a résonné très directement avec les attentats et le monde dans lequel nous vivons. « Le sang ne sèche pas dans la langue », affirme l’autrice. Je pense que c’est une belle façon de dire que nous avons nous aussi des ressources pour faire face à ces évènements difficiles, ressources que l’on peut trouver notamment dans l’écriture et la littérature. Concernant le style du texte, la poésie décousue, surchargée et onirique d’Alain Duault (Où vont nos nuits perdues) a été une grande inspiration pour l’écriture de mon texte !

Avez-vous une pratique d'écriture individuelle? Avez-vous déjà participé à d'autres concours littéraires ?

M. M. C’est le premier concours littéraire auquel je participe ! Concernant ma pratique d’écriture personnelle, j’écris peu, mais j’aimerais beaucoup à l’avenir, et après mes études notamment, prendre plus de temps pour l’écriture.

Quelle est votre première grande découverte littéraire ? Et votre dernier coup de coeur ?

M. M. Je pense que La Peste de Camus a été ma première grande découverte littéraire (pour être plus originale que vous dire Harry Potter). Au lycée, j’étais vraiment passionnée par l’absurde. Moi qui me posais chaque jour de grandes questions existentielles étant adolescente, je crois que Camus était une évidence. En 2020, j’ai eu trois coups de coeur : Oran, langue morte d’Assia Djebar, L’Enfant céleste de Maud Simonnot, et Après le monde d’Antoinette Rychner. J’ai lu récemment Terre ceinte de Mohammed Mbougar Sarr, que j’ai vraiment beaucoup aimé également. Je triche, ça fait quatre coups de coeur, mais on n’a jamais assez de recommandations littéraires !

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui hésiterait à se lancer dans l'édition 2021 de ce même concours ?

M. M. Personne n’a rien à y perdre ! Au mieux, vous gagnerez un prix, et au pire votre texte ne sera pas retenu. Mais même si le texte n’est pas retenu, c’est quand même une petite victoire individuelle, celle d’avoir tenté l’aventure et d’avoir eu le courage d’écrire (ce n’est pas toujours facile !). Qui sait, cela fera peut-être même naître une vocation ?

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Retrouvez les textes primés dans le recueil disponible en version numérique, accompagnés d’illustrations issues du concours de dessin Esquissez !

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Sur C-lab, découvrez un entretien avec Jérémie Chapelain, lauréat du concours d'écriture, Isabelle Picault, conservatrice, responsable de département médiation au SCD (BU de l'Université Rennes 2) et membre du jury et Morwenna German chargée d'action culturelle au service culturel.

Leur interview est suivie de la lecture des nouvelles lauréates par la comédienne Rozenn Fournier de la compagnie KF.

Faites court ! Un concours d'écriture prolifique, une émission C-lab

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