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Le projet d’innovation pédagogique DUNE-DESIR dresse son bilan après 5 ans d’expérimentations

Le 1er juillet 2021, le projet « Développement d’un Enseignement Supérieur Innovant à Rennes » (DESIR) organise un séminaire de clôture pour faire le point sur les dispositifs mis en place, les expérimentations soutenues depuis 2017 et les transformations pédagogiques à l'œuvre.

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Le projet DESIR, porté par Pascal Plantard, professeur en sciences de l’éducation et de la formation et anthropologue des usages des technologies numériques,  a été lauréat fin 2016 de l’appel à projets national “Développement d’universités numériques expérimentales” (DUNE). Il est issu d’un travail de collaboration entre l’Université Rennes 2, l’Université de Rennes 1 et l’alliance Rennes Tech*.

Après cinq ans d’expérimentations, il touche à sa fin. “L’objectif de DESIR était de favoriser l’expérimentation pour pousser les établissements du site rennais à engager un mouvement en faveur de la transformation pédagogique. Il s’agissait de soutenir et financer des projets proposés dans des domaines extrêmement variés. Cela a débouché sur une prise de conscience de l’importance de réfléchir aux pratiques pédagogiques", note Jérôme Clerget, ingénieur de recherche au CREAD-Living lab DESIR. 

Une soixantaine de projets d’innovation pédagogique ​ont été sélectionnés et financés dans le cadre de deux appels à manifestation d’intérêt (AMI). Ces projets pédagogiques étaient inscrits dans une diversité de cursus et d’établissements (médecine, géographie, langues, santé publique, odontologie, statistiques...). La nature même des projets a pu prendre des formes très variées : escape game, application mobile, classe inversée, capsule vidéo... 

Le projet DUNE-DESIR s’est attaché à impliquer les enseignant·e·s et étudiant·e·s dans une démarche participative et une ambition commune. “Beaucoup d’enseignants réfléchissent maintenant à la place de l'étudiant pour qu’il soit plus acteur de son apprentissage. À 80%, on a des projets qui sont centrés sur la redéfinition du rôle de l’étudiant. La crise sanitaire a provoqué un effet d’aubaine, une accélération des dynamiques : l’environnement était propice à une remise en cause. Beaucoup d'enseignants engagés dans DUNE DESIR ont saisi cette opportunité de mener une réflexion globale sur les enseignements, et pas seulement sur l’usage des outils numériques pour être en distanciel”, remarque Matthieu Serreau, lui aussi ingénieur de recherche au CREAD-Living lab DESIR. 

Au-delà des performances académiques, les compétences sociales, créatives et relationnelles des étudiant·e·s ont été accompagnées et valorisées dans l’ensemble des projets pédagogiques soutenus par DUNE DESIR. “La plupart du temps les étudiants étaient associés dès la conception. Le dénominateur commun était de rendre les étudiants plus acteurs de leur apprentissage avec l'idée sous-jacente de développer des compétences transversales, comportementales (de travail en équipe, d’expression…) ou même techniques (dans le cadre de réalisation de vidéo par exemple), hautement valorisables dans leur vie professionnelle”, précise Jérôme Clerget.

DUNE DESIR a aussi créé une structure d’accompagnement, la Maison de la Pédagogie, afin de proposer l’appui d’un ingénieur pédagogique aux porteurs de projet. Des rendez-vous, les Midis de la pédagogie, étaient organisés pour permettre aux enseignant·e·s d’échanger sur leurs pratiques. Un living-lab, a permis aux chercheur·e·s en sciences de l’éducation d’utiliser les expérimentations menées dans le cadre de DUNE DESIR comme terrain de recherche. Enfin, un pôle data-tank a réuni des spécialistes des données quantitatives : “Ils analysaient par exemple le nombre et le temps de connexion des étudiants, le type de documents qu’ils avaient consultés, etc.”, explique Jérôme Clerget.

Le séminaire de clôture de DUNE-DESIR sera l’occasion le 1er juillet de dresser le bilan de ces dispositifs et des différentes expérimentations menées, mais aussi d’analyser les transformations à l’œuvre (pratiques pédagogiques, engagement des étudiant·e·s, offre de formation). 

 

*AgroCampus Ouest, Centrale Supélec, École des Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), Ecole Nationale de la Statistique et de l’Analyse de l’Information (ENSAI), École Normale Supérieure de Rennes (ENS Rennes), l’École Nationale Supérieure de Chimie de Rennes (ENSCR), l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA Rennes) et Sciences Po Rennes
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