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Fulbright : 4 étudiant·e·s de Rennes 2 sélectionné·e·s pour être assistant·e·s de français aux États-Unis

Choisi·e·s à l’issue d’un processus de candidature exigeant, quatre étudiant·e·s de l’université Rennes 2 partent à la rentrée 2019 pendant un an enseigner le français dans une université américaine, grâce au programme Fulbright.

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etudiants fulbright

Cette année, vingt-cinq étudiant·e·s français·es ont remporté les bourses du programme Fulbright assistant de français  qui offrent la possibilité de partir aux États-Unis pendant un an pour donner des cours de français dans une université américaine. Parmi eux, quatre étudiant·e·s viennent de l’université Rennes 2. Le programme Fulbright finance les frais de voyage, de visa, de séjour, les frais d’inscription à l’université et l’assurance santé des lauréats. Pour candidater, il faut être titulaire d’au moins une licence. Le recrutement se fait en deux temps : sur dossier, puis en cas d’admissibilité, sur entretien, mené en français et en anglais.

Les postes d’assistant·e·s sont proposés dans des universités situées sur l’ensemble du territoire américain, à l’écart des destinations les plus connues. Les lauréat·e·s suivent deux cours à l’université, dont l’un est obligatoirement lié à l’histoire, la littérature ou la civilisation américaine. Le travail d’assistant·e varie d’un établissement à l’autre. Il consiste souvent à diriger une conversation en français avec des petits groupes d’élèves, à parler de la France, de la vie quotidienne et de certains aspects de la culture et de la civilisation.

À la veille de prendre l’avion, Léa, Vivien, Éloïse et Hadrien racontent comment ils se sont lancés dans cette aventure et nous confient leurs attentes.

 


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Léa, master didactique des langues

Léa, master didactique des langues

Destination : Bethany College, Virginie occidentale

Quel est votre parcours ?

J’ai fait une licence d’anglais à Brest, puis je suis venue à Rennes 2 pour faire un master didactique des langues que je viens de terminer. L’année prochaine, grâce à Fulbright, je vais en Virginie Occidentale à Bethany College comme assistante de français.

Pourquoi avoir postulé au programme Fulbright ?

Ayant fini mon master, j’hésitais à me lancer dans l’enseignement ou dans la recherche. Je vais faire l’expérience d’enseigner pendant un an à l’étranger, cela va m’aider à trouver ma voie ! J’avais envie aussi de voyager, de découvrir un autre pays, surtout les États-Unis. J’ai une licence d’anglais donc, forcément, ce pays m’intéresse ! Fulbright est un programme qui finance beaucoup de choses pour nous. C’était une grosse motivation. Sans cela, je n’aurais pas pu me permettre de partir pendant un an.

Êtes-vous déjà partie à l’étranger ?

Oui, j’ai déjà passé quelques mois à Londres et je suis partie en Erasmus en Roumanie. J’ai l’impression que c’est quelque chose qu’ils privilégient dans les dossiers.

Connaissez-vous les États-Unis ?

J’ai passé une semaine à New York, il y a dix ans... Mais New York et la Virginie Occidentale, cela n’a rien à voir ! Ça va être l’aventure. C’est ce qui est intéressant avec ce genre d’expérience.

Bethany College, c’était votre choix ?

Lorsque l’on fait  le dossier, on nous demande si on préfère aller dans un endroit rural ou ailleurs. J’ai indiqué que j’étais ouverte à toutes les propositions. Je viens d’un milieu rural, cela ne me dérangeait pas d’y retourner. Ensuite, on reçoit plusieurs offres et c’est à nous de les classer en fonction de nos préférences. Bethany College était mon quatrième choix.

Qu’allez-vous faire une fois là-bas ?

Je donnerai un cours de langue pour les débutants et un cours de civilisation, où je parlerai des institutions françaises, de la France. Je donnerai ce deuxième cours en anglais puisqu’il sera ouvert à des étudiants qui ne parlent pas français. J’interviendrai aussi dans une école primaire pour parler de la culture française... Je pourrai aussi suivre deux cours à l’université. Ces cours ne sont pas crédités, mais ils sont financés par le programme.

Avez-vous des appréhensions ?

L’idée de donner des cours en anglais face à des anglophones natifs m’intimide un peu, même si je suis relativement à l’aise avec la langue. Il va falloir se débrouiller aussi car je serai sur un campus isolé, sans moyen de transport.

Où logerez-vous?

J’aurai mon petit appartement sur le campus !


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Vivien, master didactique des langues

Vivien, master didactique des langues

Destination : Williams College, Massachussetts

Quel est votre parcours ?

Je finalise un master en didactique des langues et j’ai opté pour un parcours professionnalisant, centré sur l’informatique et la technologie. Je suis encore en stage à l’heure actuelle jusqu’en juillet au laboratoire de recherche LIDILE. J’ai repris mes études car j’ai eu une licence d’anglais en 2011. Ensuite, je suis parti vivre et travailler au Royaume-Uni pendant un an comme assistant de langue dans un internat privé du secondaire. En revenant en France j’ai obtenu un poste d’auxiliaire de vie scolaire dans un collège où j’ai accompagné des élèves en situation de handicap avant de reprendre mes études.

Quelles sont vos motivations pour partir aux États-Unis ?

L’accès à l’emploi m’a beaucoup motivé ! Je me suis rendu compte aussi que l’âge limite de la participation au programme était de 30 ans. J’avais 29 ans au moment de postuler. Soit je me lançais maintenant, soit je ne partais jamais. Cela m’a poussé à déposer ma candidature. Une expérience comme celle-là reste à tout jamais gravée dans son parcours et permet de créer du réseau. Je pars vraiment avec l’ambition de parfaire mes compétences, de mettre en pratique ce que j’ai appris et d’avoir une expérience de classe.

Où allez-vous ?

À Williamstown, dans le Massachusetts. C’est à une heure trente de Boston et c’est l’équivalent d’un Rennes-Quimper pour aller à New York : cela donne pas mal de perspectives à mes plans de week-ends !

Quelles seront vos tâches d’assistant de langue ?

Je devrai assurer entre douze et quinze heures  de classe et autres ateliers : je n’aurai pas le temps de m’ennuyer ! Et comme tous les participants, je devrai souscrire à deux unités d’enseignements, mais j’avoue ne pas savoir encore lesquels.


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Éloise, licence d’anglais

Éloise, licence d’anglais

Destination : Sonoma State University, Californie

Quel est votre parcours ?

Je viens de finir ma licence d’anglais. J’ai toujours voulu enseigner dans le secondaire et j’ai toujours eu pour projet de faire une coupure entre ma L3 et mon M1 pour aller à l’étranger, puisque c’est quasiment indispensable maintenant. J’ai hésité avant d’essayer le programme Fulbright car il est très sélectif, mais j’ai tenté et j’ai été prise ! Je pars donc à Sonoma State en Californie.

Que ferez-vous une fois sur place ?

J’ai huit heures où j'assiste un professeur avec des élèves de niveau intermédiaire. J’aurai quelques cours de club à animer et, une fois par semestre, j’organiserai une grosse conférence ouverte à toute l’université sur la culture française, prononcée en anglais.

Avez-vous des appréhensions ?

Je vais donner des cours à des personnes de mon âge, voire un peu plus vieux ! Je vais devoir m’adapter aussi à vivre dans une grande ville de 50 000 habitants, alors que je viens de la campagne.

Qu’est-ce qui vous intéresse particulièrement dans le fait de partir aux États-Unis ?

Au départ, c’était un rêve… J’avais envie de partir dans un pays énorme pour pouvoir faire autant choses que possible pendant un an, avant de reprendre mes études et de travailler. J’ai envie de rentrer très rapidement dans le monde professionnel, donc cela va me créer une expérience.

Avez-vous des conseils à donner à ceux qui hésiteraient à candidater ?

Il faut tenter, se donner à 100% dans le projet et mettre en avant ses qualités et ses compétences transversales, qui ne sont pas forcément liées à ce que le programme demande. C’est vraiment qui on est et notre motivation qui permettent d’être pris. Il ne faut surtout pas hésiter à demander de l’aide aux enseignants pour qu’ils relisent les lettres et les essais. Même si l’on n’est pas sélectionné, cela reste une expérience. Les entretiens à Paris par exemple sont une épreuve en soi !


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Hadrien, licence d’anglais

Hadrien, licence d’anglais

Destination Western Kentucky University, Kentucky

Quel est votre parcours ?

Je viens de valider ma licence d’anglais. Cela fait deux ans que je suis apprenti professeur d’anglais dans un collège de Rennes.

Où partez-vous ?

J’étais sur la liste complémentaire, mais j’ai reçu un coup de téléphone pour me dire qu’une place se libérait à Western Kentucky. Le problème, c’est que j’avais aussi candidaté pour le programme d’assistant du CIEP et j’avais eu une réponse positive pour partir Londres. J’ai décidé d’y aller au culot et j’ai choisi l’option qui me paraissait la plus difficile et la plus gratifiante pour moi : quitte à partir, autant partir loin ! Je prépare ce projet depuis l’année dernière car je souhaite devenir professeur d’anglais. Pour réussir le concours, il n’y a pas de doute, il faut partir à l’étranger et pratiquer dans une culture qui n’est pas forcément la nôtre.

Que ferez-vous une fois sur place ?

Je vais faire cours à des débutants dans des classes de 45 élèves. On me demande aussi de faire des cours sur la culture française en français. Je donnerai des cours dans des labos de langues et j’assisterai un club de français sept heures par semaine. Ce sera principalement de la conversation.

Avez-vous des appréhensions ?

Quelques unes : donner des cours en anglais à cause de mon accent, devoir m’adapter au système scolaire américain, oublier le système français… Je serai logé avec une autre personne, je me demande comment cela va se passer et si on s’entendra bien.

Êtes-vous aidé dans vos démarches pour la demande de visa ?

Oui ! On est bien guidé. On doit se rendre à Paris pour les entretiens consulaires et le trajet jusqu’à Paris est remboursé, les frais de visa aussi. Les rendez-vous ont été pris pour nous : on n’a plus qu’à y aller !