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Prix PEPS 2019 : l’atelier de diagnostic en environnement et de cartographie de controverse environnementale distingué

Portée depuis 4 ans par Éric Collias, chargé de cours vacataire au département de Géographie de Rennes 2, cette initiative a reçu en juillet 2019 le certificat d’excellence du prix annuel PEPS mis en place par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

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Mont Saint Michel
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Photo by dan wilding

Le prix PEPS vise à  reconnaître la qualité de l'enseignement, à promouvoir le développement de modalités pédagogiques innovantes et leur diffusion au sein de la communauté de l'enseignement supérieur.

Distingué dans la catégorie “Innovation pédagogique”, l’atelier de diagnostic en environnement et de cartographie de controverse environnementale, porté par Éric Collias, invite les étudiant·e·s de troisième année de licence à se confronter au terrain. Lors d’une sortie dans la baie du mont Saint-Michel, ils·elles s’entretiennent avec différents acteurs en prise avec cet espace : scientifiques, gestionnaires territoriaux et professionnels de la production du vivant (éleveuse de moutons de “pré-salé”, président de l’appellation d’origine protégée “Moule de bouchots”...).

À la suite de cette sortie, les étudiant·e·s sont initié·e·s aux outils conceptuels et d’analyse qui doivent leur permettre d’appréhender les situations observées. Ils·elles sont ensuite invité·e·s à s’en saisir pour explorer une controverse environnementale de leur choix dont le travail de restitution prendra la forme d’un blog, d’une vidéo, d’un poster ou d’un dossier, et sera soutenu également à l’oral. 

Les étudiant·e·s ont ainsi travaillé, par exemple, sur des sujets aussi variés que le déclin des abeilles, le loup en France, les marées d’algues vertes en Bretagne, le stockage des déchets nucléaires ou le risque de submersion marine. L’approche pédagogique imaginée par Éric Collias dans cet atelier a pour objectif d’offrir aux étudiant·e·s la possibilité de mobiliser les connaissances fondamentales acquises pendant leurs deux premières années de licence, et d’expérimenter les outils enseignés, sous une forme quasi-professionnelle, tout en allant à la recherche des savoirs adaptés aux problèmes posés.

En quoi votre atelier est-il particulièrement innovant ?

Éric Collias : Plusieurs aspects de cet atelier sont innovants. Il s’ancre dans des situations concrètes de terrain, afin de mener des enquêtes sur des problèmes associant humains et non-humains, qui sont l'objet de controverses scientifiques et publiques. Cet atelier est basé sur mes propres expériences ; j’ai mis à l'épreuve sur le plan professionnel la plupart des outils que je présente.  Il est transdisciplinaire, car il intègre à la géographie et l'écologie des marais littoraux des apports de l'anthropologie, de la gestion de l'environnement, et de la conduite de projet. Enfin, il est ouvert aux propositions des étudiants en matière de restitution, comme le web-design ou la vidéo.

Vous défendez un modèle de pédagogie inversée. Quels en sont les principaux atouts ?

É. C. Le savoir n'est pas recherché pour lui-même, mais parce qu’il permet de résoudre des problèmes concrets et qu’il est adapté aux circonstances : les apports théoriques sont en relation avec les étapes des projets menés par les étudiants. Dans cette perspective, l’important est de permettre aux étudiants de développer des compétences pour : observer et décrire le terrain, mener un entretien, explorer une base de données, faire une revue de presse, cartographier les informations collectées, identifier et choisir un problème, hiérarchiser des solutions possibles, comprendre l'évolution d'une controverse, travailler en équipe, rédiger un compte-rendu…

Comment qualifieriez-vous l'investissement des étudiant·e·s dans cet atelier ?

É. C. Il est variable, mais la majorité d'entre eux joue le jeu chaque année. L’engouement de certaines équipes se ressent dans la qualité de leur travail.

Qu'est-ce que l'obtention du prix PEPS représente pour vous ?

É. C. C’est un encouragement à continuer à travailler en ayant pour objectif le bonheur des étudiants, c'est-à-dire de leur donner le goût et les clefs d'une attitude proactive et contributive dans la résolution des problèmes socio-écologiques auxquels nous sommes confrontés.

 

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