Séminaire « Parler de foutre » : le sexe dans les textes médiévaux, étude poétique et réception (XIe-XXIe siècle)

Séminaire « Parler de foutre » : le sexe dans les textes médiévaux, étude poétique et réception (XIe-XXIe siècle)

Le 30 septembre

Le séminaire du Centre d’Etude des Textes Médiévaux (CETM-CELLAM) se tiendra le 30 septembre 2021, campus Villejean.

Le Séminaire du Centre d’Etudes des Textes Médiévaux de Rennes 2 (CETM-CELLAM) s’est longtemps attaché aux objets, entre réalité et poétique. Dans la continuité de cette recherche, il s’intéressera entre 2021 et 2026 à la manière dont les textes médiévaux disent la relation sexuelle comme acte engageant le corps. « Parler de foutre » (titre tronqué du fabliau « La demoiselle qui ne pooit oïr parler de foutre ») met l’accent sur la question du mot et de la chose. Comment dire ou ne pas dire ? Entre tabou, ellipse, métaphore, euphémisme ou litote, comment les divers genres littéraires médiévaux construisent-ils une poétique associée au corps, à l’acte sexuel ou la pratique sexuelle ? Quelle articulation entre dire, faire, voir et imaginer ? Il s’agira d’étudier le vocabulaire, les dispositifs métaphoriques ou narratifs, et leur place dans la construction du sens des œuvres et dans leur caractérisation générique.

On examinera ensuite quelle a été la réception de ce traitement du sexe dans la littérature, du Moyen Âge à aujourd’hui, dans les pratiques de réécriture, d’édition, de traduction et de commentaire d’œuvres médiévales. Sans prétendre à l’exhaustivité, le séminaire se concentrera donc sur le sexe comme réalité corporelle, anatomie et acte, et sur les rapports entre sexe et langue, sexe et langage, mais aussi sur les enjeux de la réception, procédant par sélection, censure, ou reconstruction d’un Moyen Âge fantasmé… Dans un dernier temps, on élargira les questions de réceptions pour examiner comment aujourd’hui se construit un imaginaire du sexe médiéval dans d’autres arts et médias (BD, films, séries ou autres).

Dans une actualité où la question de ce qui peut se dire, s’entendre, s’enseigner se pose à partir de réactions provoquées par la présence de mots ou d’images, les manières de dire le sexe au Moyen Age et la réception postérieure des œuvres qui en proposent une représentation suscitent des interrogations pouvant éclairer le présent.