Cours public - Mode, innovation, diffusion : Paris, capitale du luxe au XVIIIe siècle [Annulé]

Cours public - Mode, innovation, diffusion : Paris, capitale du luxe au XVIIIe siècle [Annulé]

Le 18 mars

Suite aux dernières allocutions gouvernementales liées à l’évolution de l’épidémie de COVID-19, cet évènement est annulé

Dans le cadre du Cours public 2020 du campus Mazier, la conférence "Mode, innovation, diffusion : Paris, capitale du luxe au XVIIIe siècle", donnée par Natacha Coquery, professeur d’histoire moderne, Université Lumière Lyon 2, se tiendra le 18 mars à 18h15 à l'Amphi 5.

Paris est marquée depuis le Moyen Âge par la vigueur du commerce de luxe, un commerce favorisé par la prodigalité des courtisans et des riches, par la concentration d’artistes et d’artisans qualifiés, et par une main-d’œuvre disponible nombreuse. 

Au XVIIIe siècle, la capitale, célébrée par les guides, les almanachs ou la presse de mode, s’affirme comme l’un des grands centres européens des modes et du luxe. Dans cette dynamique d’accélération des échanges et de diffusion des consommations, qui voit évoluer les modèles de comportement, les boutiques ont joué un rôle important.

F Braudel a écrit à leur propos : « première concurrence aux marchés […]. Cellules restreintes, innombrables, elles sont un autre outil élémentaire de l’échange ». Dans le secteur commercial, le XVIIIe siècle est une période d’innovations et de changements ; beaucoup de pratiques, considérées comme des inventions du XIXe siècle, étaient déjà répandues (la publicité, les commis-voyageurs, les salles d’exposition, etc.). 

Il s'agira de montrer comment les pratiques boutiquières ont contribué à l’expansion du marché des biens de consommation. Je replacerai d’abord le commerce de luxe et de demi-luxe dans le contexte socio-économique de l’époque. Puis j’étudierai comment les boutiquiers, qui profitent de l’essor des consommations et de l’inventivité de la production, participent largement aux processus de création et de diffusion.

 

La conférence sera diffusée en direct sur l’Aire d’U.

 


 

Cours public 2020 "Circuits longs"

Coordinateur : Patrick Harismendy

Prééminente dans l’Université française, sous l’égide de "’école des Annales", menée d’abord par Marc Bloch et Lucien Febvre, puis par Fernand Braudel et Ernest Labrousse, l’histoire économique a connu des vicissitudes avant de trouver un nouveau souffle, en se démultipliant tout en réintégrant des perspectives initiales.

S’il est encore question de conjoncture et de cycles, de capital et de formation des prix, de marchés monétaires et de banques centrales, l’intérêt pour les mondes de la "marchandise", les chaînes d’acteurs mobilisés au fil des opérations, les accords diplomatiques, les outils comptables, les instruments fiduciaires, les vecteurs de mobilité, les logiques des routes commerciales, mais aussi les produits acheminés, des mois durant, pour satisfaire aux nécessités ou aux délices des consommateurs, mis en responsabilité, sont revisités par des approches sociales, matérielles ou éthiques.

Bref, derrière les pratiques de l’échange se retrouvent interrogés les usages culturels régénérés de celles et ceux qui orchestrent ces transferts et en bénéficient. Seul bémol, et non des moindres, les soutiers de l’économie, à savoir les humbles et pas seulement la classe ouvrière, sont devenus invisibles, à peu de choses près. En ces temps de guerres commerciales et douanières, de CETA et de MERCOSUR sur fond de Brexit, les jeux d’échelle invitent à interroger, en creux, la pertinence des circuits courts dans ces emboîtements.